Cette année, la fin du printemps nous plonge dans un camaïeu de verts tendres inhabituels, tandis que, sur les flancs du Canigou, sources et rivières ont retrouvé leur débit de forme et leur fraîcheur légendaire. Les premières chaleurs sont d’autant plus précieuses que nous avons été privés de longues soirées en terrasse et de farniente sur le sable chaud. En piste, serviette en main côté mer, espadrilles aux pieds côté montagne, l’été est en marche ! Il arrivera, conquérant, souverain, couronné d’embrasements, illuminé de flammes relayées de village en village au son flamboyant de la cobla, avant de s’installer, doigts de pied en éventail, sur les pelouses et les gradins des festivals de tous styles et de tous formats qui marquent la parenthèse enchantée des vacances. Les pêches satinées, les nectarines aux rouges changeants, les abricots aux joues étoilées de taches de rousseur invitent sur les tables leur fulgurance solaire. En nous, quelque chose se dénoue et s’abandonne. L’été sera beau.
Wilfrid Renoult