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ANDRE SANAC, Le Sire de Trouillas

29 Juil ANDRE SANAC, Le Sire de Trouillas

En 2015 s’éteignait, à 86 ans, un gentleman du rugby, le seconde ligne André Sanac, l’heureux capitaine de l’USAP qui gagna le championnat de France en 1955. Portrait d’un homme simple et droit.

C’était un temps où le rugby professionnel n’existait pas. Un temps de tapes viriles dans le dos et d’ouillades sévères sur les stades. Un temps fait pour les forts en gueule et les forçats du maillot : les années 50 et le début des trente glorieuses. Venu au monde en 1929 à Trouillas dans une famille de viticulteurs, André Sanac n’est pas né avec des crampons dorés au pied. Il lui a fallu arracher à la vigne ses entraînements, et se contenter, en fait de séances de musculation, du travail sain et rude de la terre, travail qu’il a poursuivi toute sa vie durant, tout comme son fils. Doté d’un gabarit plutôt massif, surtout pour l’époque, 105 kg de muscles pour 1,81 m, le poste de deuxième ligne, alliant force et agilité, puissance et finesse, lui va comme un gant. Très vite, il intègre les rangs de l’USAP qui est alors une équipe vaillante et réputée, dans laquelle les sélectionneurs nationaux aiment à puiser pour pimenter les équipes. Le pugnace catalan, infatigable et mordant sur le terrain, bon camarade et tenant du jeu collectif, ne tarde pas à se faire remarquer et sélectionner. Il portera dix fois le maillot tricolore et participera au prestigieux Tournoi des Cinq Nations (1953, 1954, 1957).

Tous les honneurs

Mais, c’est en 1955 qu’il a rendez-vous avec la gloire et l’immortalité en menant l’USAP à la victoire en Championnat de France. Le jeune capitaine brandit le premier, à bout de bras devant une foule fanatisée, le bouclier de Brennus. Depuis, le Sire de Trouillas est devenu une légende. Jamais éloigné des stades, toujours prêt à dispenser de précieux conseils aux jeunes joueurs et à s’enflammer en assistant à un match particulièrement disputé, il lui aura fallu attendre 44 ans, on le sait, pour retrouver un peu de cette furia catalane, faite de sang-froid et de coups de folie, de seny et de rauxa, qui marquait son rugby et voyait revenir brièvement le bouclier sous les murs du Castillet. Dans les championnats nationaux, il a fait merveille, se retrouvant une fois finaliste et une fois vainqueur du Challenge Yves du Manoir : en 1955, bien-sûr. Tous ceux qui l’ont connu gardent de lui, au-delà de la mémoire du joueur inspiré, celle d’un grand Monsieur.

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