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LE CONFLENT, BERCEAU DE LA CATALOGNE

03 Juin LE CONFLENT, BERCEAU DE LA CATALOGNE

La Têt et ses affluents, notamment le Cady, la Castellane et la Rotja nervurent cette vallée qui a vu naître la nation catalane, s’enorgueillit de deux sublimes abbayes, d’un prieuré magnifique, d’une architecture militaire unique.  Le Conflent dispense le bienfait de ses eaux thermales dans un cadre naturel dominé par la silhouette tutélaire du Canigó et le graphisme régulier de vastes vergers. 

L’ABBAYE SAINT MICHEL DE CUXA

L’abbaye se découvre au détour d’un virage, à quelques kilomètres de Prades, au milieu des vergers de pêchers où il n’est pas rare de voir paître quelques brebis. La crypte possède une voûte en berceau qui repose sur un seul pilier central, d’une grande beauté. La nef, pure et nue, se distingue par la présence d’arcs outrepassés préromans et une acoustique fabuleuse qui sublime les concerts du Festival Pablo Casals. Seul le clocher méridional subsiste, le second s’étant effondré. Le cloître a été remonté à partir d’éléments épars retrouvés dans des maisons d’habitation mais l’essentiel des chapiteaux se trouve au Cloisters’ Museum de New York. L’ancienne tribune-jubé, que l’on peut supposer jumelle de celle de Serrabone, a disparu mais on en identifie sans peine des éléments recyclés comme les statues du portail représentant les apôtres Paul et Pierre et certains chapiteaux. Saint Michel de Cuxa est une des plus belles abbayes romanes de Catalogne et reste la seule dont le clergé dépend encore de sa petite sœur devenue grande, l’Abbaye de Montserrat.

LE TRAIN JAUNE

Créée au début du XXe siècle (1910) sur une seule voie, la ligne ferroviaire du Train Jaune relie le haut plateau cerdan et la gare de Latour de Carol. Les premiers travaux entrepris en 1903 permettent dès 1910, de relier Villefranche-de-Conflent à Mont-Louis, couvrant ainsi la totalité du Conflent. Pour construire cette voie, il fallut édifier six-cent cinquante ouvrages d’art dont dix-neuf tunnels et deux ponts particulièrement remarquables : le Pont Séjourné, un viaduc ferroviaire composé de deux étages et long de 236 mètres dont les deux niveaux sont séparés par un tablier, s’appuie sur un grand arc ogival dominant la rivière de 30 m et le Pont suspendu Gisclard perché à 65 mètres au-dessus du sol. Les vues sur les gorges de la Têt sont à couper le souffle.  Aujourd’hui, le Train Jaune a une véritable vocation touristique et transporte 400 000 passagers par an.

VERNET-LES-BAINS COSMOPOLITE

Après la découverte des premières sources sulfureuses, en 1833, et la construction des thermes, intégrés à un grand hôtel, Vernet ne tarde pas à connaître une belle notoriété, notamment due à la beauté sauvage du site, perçu comme exotique, lointain et difficile d’accès mais aussi aux résultats thérapeutiques encourageants. Le professeur Lallemand, montpelliérain, a pour patient le fils du pacha d’égypte et de Constantinople, le prince Ibrahim Pacha. Il décide de lui prescrire un séjour climatique à Vernet. Le prince, oisif et fêtard, va défrayer la chronique locale et contribuer à forger le mythe qui fera du village, désormais accessible par train, une star de la Belle époque, fréquentée à la fois par Ruyard Kipling et Lord Chamberlain. En 1847 cet aristocrate mondain offre même au Museum d’Histoire Naturelle de Perpignan une authentique momie qui constitue aujourd’hui le fleuron de son cabinet des curiosités et contribue largement par son étrangeté, à la légende de la petite station thermale.

 

 

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