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Le Gironès : Plein les yeux

01 Fév Le Gironès : Plein les yeux

Les richesses du Gironès ont donné naissance à toute une série de lieux culturels destinés à éclairer et conserver la mémoire de l’histoire et des savoir-faire. Un joli itinéraire à parcourir les yeux grands ouverts !

A Cassà de la Selva, place au land-art, rebaptisé ici Parc Art, avec un immense parc parsemé d’étangs et de mares, sur lequel cohabitent plus de 350 sculptures monumentales signées d’artistes internationalement reconnus comme Nestor Basterretxea ou Xavier Corbero. Une déambulation inattendue qui enchante grands et petits dans un cadre naturel vraiment unique et fait écho au petit patrimoine de lavoirs, de fontaines, d’oratoires qui parsème le territoire. Il suffit de marcher pour se trouver dans une sorte de musée à ciel ouvert, dont l’œuvre la moins remarquable n’est pas le paysage.

Luxe et volupté

Après huit ans d’une restauration respectueuse de son histoire, de son environnement et des matériaux d’origine, le fortin de Sant Julià de Ramís, situé à deux pas de Girona sur la montagne dels Metges, connaît une nouvelle vie avec la création de la Fortalesa, un concept global entre art et gastronomie qui bouscule tous les codes du genre. Une vie de luxe, de beauté et l’élégance sous le signe de l’hospitalité et du partage. La firme familiale D’Or, spécialisée depuis 60 ans dans la joaillerie, la bijouterie, la gemmologie et le design a choisi cet écrin de charme, classé « bien d’intérêt national », pour y installer un espace pluriculturel dévolu à la création, au sens le plus exigeant du terme, placé sous le signe d’une synergie inédite entre culture et tourisme, musée et bijoux, gastronomie et hôtellerie. Artistes en résidence, excellence hôtelière, hymne au savoir-faire, bref une visite à ne manquer sous aucun prétexte ! À Girona, le musée de la cathédrale abrite un trésor : des tableaux et meubles remarquables, des objets liturgiques, souvent des pièces d’orfèvrerie uniques. Mais le clou du spectacle, c’est indéniablement le tapis de la création, une broderie de 12 m² réalisée au XIe siècle, vestige de l’art textile roman. Elle représente la création du monde, la séparation des eaux et de la terre, la création des animaux, celle de l’homme et même des juifs de Girona portant la rouelle, ancêtre de la funeste étoile jaune. Un haut lieu qui vaut au quartier une énorme fréquentation en toutes saisons. Vous pouvez aussi opter pour le musée du cinéma, dû à un érudit et collectionneur local, Tomàs Mallol.

Modernisme triomphant

Vous y rêverez aux premières caméras, énormes et lourdes, et le temps du cinéma muet, tout en découvrant tous les films et séries tournés à Girona comme la célébrissime saga américaine, « Game of Thrones ». Et si vous voulez tout savoir d’un coup, le Musée d’Histoire de Girona vous attend, passionnant. Tous ces lieux disposent d’une signalétique et d’une communication en français ! Industrielle et laborieuse, Girona n’a pas raté le coche du modernisme et cette grande aventure esthétique s’est étendue au patrimoine industriel des bâtiments emblématiques classés. Il s’agit de la Minoterie Teixidor, due au crayon de Rafael Masó, située en plein centre-ville, qui laisse entrevoir des influences de Gaudí, de Mackintosh ou de la Sécession viennoise. Céramiques blanches, fer forgé, vitraux, pinacles en forme d’épis de blé, tout évoque des montagnes de farine. D’ailleurs, Masó lui-même annonce « même les toits et la coupole seront blancs ! Tout doit être enneigé. Je veux que ce soit la maison des farines ! ». Sa maison natale, transformée en musée, mérite une petite visite ! Un peu plus loin, deux distilleries, les distilleries Gerunda et Regàs, ont été conçues par Enric Cata en 1908.

L’or bleu

Les façades remarquables, avec là encore une utilisation de la céramique, valent vraiment le coup d’œil. Pour une réflexion nourrie et inédite sur l’eau, cap sur la bonne ville de Salt, une ville chamarrée où cohabitent presque une centaine de nationalités, à deux pas de la capitale, Girona. Salt peut s’enorgueillir d’un joli théâtre, d’où est élaborée la programmation du grand festival Temporada Alta et aussi de son musée de l’eau qui explique, outre le destin industriel de la ville grâce à ses ressources en eau qui animaient les turbines, toutes les problématiques qui s’attachent à la préservation de l’or bleu, au travers d’une muséographie dynamique. De l’autre côté de Girona, la bonne ville de Quart a toujours été un centre de céramique et de poterie réputé. Pour rendre hommage à ce passé artisanal, le musée de la terre cuite vous ouvre les portes d’une ancienne usine textile. À Llagostera, vous attend un musée pas comme les autres. Créé par l’artiste Emili Vilà i Gorgoll, il échut faute de descendance à sa femme de ménage laquelle hérita de 500 affiches, dessins, et œuvres de Degas, Modigliani, Goya, Picasso, Corot et Rousseau. Volée, une partie des œuvres fut retrouvée par Interpol !

L’art toujours

La collection est installée dans une très belle maison de maître. Ne quittez pas Llagostera sans avoir jeté un coup d’œil à Can Caciques, un centre d’interprétation qui raconte l’histoire du village ! Évidemment, pour les plus classiques, Girona possède un très honorable Musée des Beaux-Arts situé dans l’ancien palais épiscopal avec de belles pièces catalanes, des retables et fresques romans anonymes, un florilège de pièces gothiques, baroques et modernes. Des œuvres de Martorell, Borrassa, Oller, Generes, Guino ou Vayreda vous donneront la mesure de la facture locale. Enfin, le musée archéologique abrité sous les voûtes de Sant Pere de Galligants, est vraiment remarquable quoique son nom soit quelque peu usurpé puisque ses collections, qui recèlent pas mal d’objets venus des fouilles du site d’Empúries, incluent aussi le Moyen-Âge ! Qu’on se le dise, dans le Gironès, les curieux sont à la fête quels que soient leurs goûts, et les – rares – après-midi pluvieux n’effraient ni grands ni petits !

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