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Louis Amade, le préfet-poète

28 Avr Louis Amade, le préfet-poète

Combinant une singulière carrière de serviteur de l’État avec celle de poète et d’ auteur, Louis Amade a laissé derrière lui une grande œuvre de culture populaire, reprise par les plus grands noms de la chanson française.

Louis Amade, aujourd’hui inconnu des jeunes générations, a été durant toute la deuxième moitié du XXe siècle l’un des Roussillonnais les plus célèbres et vénérés, sans doute par l’association de son nom à celui de Gilbert Bécaud, mais aussi par son statut atypique et paradoxal de « poète-préfet ».

Né en 1915 à Ille-sur-Têt, fils de Jean Amade et de Marie-Thérèse Batlle, il est un enfant sensible, montrant très jeune de grandes dispositions pour la poésie. Contemplatif de la nature, durant les séjours au mas familial de Saint-Laurent de Cerdans, au beau milieu de la forêt de chataîgniers, il est attentif aux histoires merveilleuses que lui racontent les bergers de son grand-père, le soir sous les étoiles ou l’hiver près du feu de bois : « Nos voyages en pays catalan, à Ille-sur-Têt et St Laurent de Cerdans étaient des récompenses ». Son père est rapidement nommé professeur à la Faculté de Montpellier où la famille s’installe. A l’âge de quinze ans, il signe ses premières œuvres Ramon de Costa – un patronyme de sa famille maternelle -, afin de ne pas gêner ou être confondu avec son père, lui-même poète, conférencier, félibre et militant majeur de la Renaissance roussillonaise du début du XXe siècle. Cependant, si Jean le père écrit en catalan, Louis s’exprime, lui, en français. En cela, il symbolise le changement linguistique majoritaire de la société nord-catalane à cette époque.

Le préfet aux chants

Diplômé universitaire, Louis Amade embrasse rapidement la carrière de serviteur de l’État. En 1937, il est attaché au cabinet du Préfet de l’Hérault et après diverses affectations en province, il s’installe dans la capitale en 1947. Il deviendra Préfet, conseiller technique auprès du Préfet de Police de Paris en 1958. Il restera à ce poste jusqu’à sa disparition en 1992. Des fonctions qui ne l’ont jamais empêché de se consacrer à la radio, en animant des émissions de variétés que se soit à Montpellier à ses débuts, ou plus tard à Paris, en particulier sur France Inter. C’est ainsi qu’il fait son entrée dans le milieu de la chanson. En 1952, Édith Piaf lui envoie un jeune pianiste et compositeur, Gilbert Bécaud, à son bureau de la préfecture. Louis Amade lui confie un texte, « Les Croix » que Bécaud transforme en chanson en 48 heures. Louis Amade comprend très vite qu’il a affaire à une future vedette. Pendant plus de vint-cinq ans leur collaboration donnera le jour à deux-cents chansons parmi lesquelles La ballade des baladins, C’était mon copain, Les marchés de Provence, La marche de Babette, Le rideau rouge, Pilou Pilou hé, L’absent, Sur la plus haute colline, T’es venu de loin, On prend toujours un train pour quelque part, Quand il est mort le poète ou  L’important c’est la rose… Et on ne peut être qu’impressionné par la liste de ceux qui l’ont interprété : Georges Guétary, Tino Rossi, Les Compagnons de la Chanson, Yves Montand, Luis Mariano, François Deguelt, Line Renaud, Charles Dumont, Édith Piaf, Franck Fernandel, Pascal Danel, Richard Anthony, Alain Barrière, Michel Delpech, Mireille Mathieu, Sacha Distel, Serge Reggiani, Linda De Suza ou Rika Zaraï.

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