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Perpignan, Ville Soleil

02 Déc Perpignan, Ville Soleil

CAPITALE DU ROYAUME DE MAJORQUE

Lorsque le Roi Jaume 1er d’Aragon meurt en 1276, il partage son royaume entre ses deux fils. C’est au cadet, Jaume II de Majorque, qu’échoient les îles Baléares, la seigneurie de Montpellier et les comtés du Roussillon et de Cerdagne. Palma devient la capitale insulaire, mais il revient à Perpignan d’être la capitale continentale de ce royaume aussi éphémère (1276-1344) que rayonnant, ouvert sur le monde arabe grâce à sa base maritime et doté d’une communauté juive particulièrement brillante et d’intellectuels de premier plan comme Ramon Llull. Les trois souverains successifs vont faire de Perpignan un véritable joyau gothique, l’entourer d’un réseau défensif de tours de guet, la doter d’un système d’adduction d’eau ultra-moderne pour l’époque et tracer les grands axes de sa destinée humaine en créant, autour de la paroisse aux deux cathédrales Saint Jean-le-Vieux et Saint Jean-Baptiste (alors en construction), trois quartiers et trois églises, à savoir Saint Mathieu, Saint Jacques et La Réal. On construit le merveilleux Palais des Rois de Majorque et de grands couvents comme celui des Dominicains, celui des Franciscains et celui des Carmes encore lisibles dans le tissu urbain. Le royaume commerce avec toute la Méditerranée. Ce noyau primitif constitue encore aujourd’hui le centre de Perpignan et décline sa coloration majorquine jusqu’à la Loge de Mer, sur la façade et le Patio de l’Hôtel de Ville, ou encore dans les fenêtres du Palais de la Députation. Au Moyen-âge, Perpignan est ainsi un centre commercial, culturel et économique de premier plan.

ARCHITECTURE DU XXe SIECLE

Perpignan bénéficie depuis 2015 du label « Patrimoine du XXe siècle » pour huit édifices particuliers et cinq quartiers auxquels il faut ajouter les bâtiments des Dames de France et du Cinéma Castillet, déjà classés précédemment aux Monuments Historiques. Une épopée commencée en 1904 lorsque la ville tourne le dos au terrible corset des remparts médiévaux et s’étale par cercles concentriques sous la houlette d’un collectif d’architectes peu connus mais très talentueux, servis par la qualité des artisans et des matériaux locaux. Ils ont nom Viggo Dorph Petersen (également auteur des châteaux de Valmy et d’Aubiry), Edouard Mas Chancel, Alfred Joffre, Férid Muchir ou Raoul Castan. Leurs styles oscillent entre un accent régionaliste marqué, des influences Art-nouveau, des échos du style paquebot, des influences coloniales, soit un véritable catalogue de la quête de modernité qui fait de Perpignan un véritable musée à ciel ouvert autant qu’un laboratoire plastique, pleinement reconnu par les labels nationaux.

BIENVENUE AU CENTRE DU MONDE

Salvador Dalí, empordanais mais aussi européen avant l’heure, avait coutume de venir exporter ses toiles depuis la gare de Perpignan. C’est dans la gare qui a tant contribué à sa notoriété que le maître de Cadaquès eut la révélation de son rapport particulier au cosmos, une dissolution triomphante qu’il n’hésita pas à qualifier d’éjaculation métaphysique. Elle conférait à la gare, et au-delà à la ville, le statut inattendu de « Centre du Monde », un nom repris par le nouveau quartier d’affaires apparu au début des années 2010. Nombre d’institutions comme le Centre de Gestion Départemental, les locaux de Perpignan Méditerranée Métropole, l’Office du Tourisme, mais aussi des cabinets d’avocats, des galeries de peinture, des unités de restauration et des commerces ont élu domicile près des voies et ont redynamisé le quartier, aujourd’hui en pleine expansion au nord comme au sud, qui ouvre directement sur le centre-ville et la statue de Dalí qui attend les visiteurs les bras grands ouverts.

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