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Platja d’Aro, un « monde à part »

28 Juil Platja d’Aro, un « monde à part »

Elle est l’une des destinations touristiques de référence sur la Costa Brava depuis plus d’un demi-siècle. Pionnière en matière de campagnes de promotion, de discothèques mythiques et de soirées festives, Platja d’Aro n’a jamais faibli. Bien au contraire ! Adossée au charme médiéval de Castell d’Aro et illuminée par l’élégance de la huppée S’Agaró, Platja d’Aro joue la carte nature, culture et loisirs. Ouverte 365 jours par an, la « shopping line » de Platja d’Aro est devenue le phare commercial de toute la côte. 

Boxeuse hors-pair, la ville de Platja d’Aro peut se targuer d’être montée sur le podium des stations littorales catalanes qui comptent !  Située à équidistance de Perpignan et de Barcelone, Platja d’Aro s’est arrimée entre Palamós et Sant Feliu de Guíxols. Celle qui n’attirait qu’une petite colonie d’estivants dans les années 1920 a vécu un coup d’accélérateur durant les années dites du « boom touristique » entre 1950 et 1960. Aujourd’hui, Platja d’Aro fait figure de capitale touristique et commerciale de la Costa Brava. à peine une vingtaine de km2, mais une splendide plage urbaine de 2 km et une enfilade de criques paradisiaques. Non contente de ce paysage de carte postale, Platja d’Aro a su s’appuyer sur ses deux sœurs de combat : Castell d’Aro et S’Agaró.

Château médiéval et cabines de plage

Platja d’Aro s’est construite en deux temps et d’abord autour du château de Benidormiens, à Castell d’Aro, situé sur les hauteurs de la ville. Classé Bien Culturel d’Intérêt National en 1996 pour sa forte valeur architecturale et historique, Castell d’Aro offre un cœur de cité au charme incroyable et cultive son esprit pittoresque aux abords de son château, voisin de l’église gothique de Santa Cristina. Il trône sur la partie haute de la commune. C’est à la présence de ce « castell » que ce village pittoresque de 1500 habitants doit évidemment son nom. On trouve une première mention de ce château médiéval en 1041. Au XVe siècle, la forteresse servait à défendre la vallée d’Aro. Elle conserve un superbe passage couvert et des voutes monumentales. Propriété municipale, le château accueille régulièrement des expositions de très grande qualité et sert de décor à certaines manifestations culturelles. De la forteresse dévale une myriade de ruelles pavées, étroites et fleuries, constellées de maisons construites entre le XVe et le XVIIe siècle. Impossible de ne pas succomber à sa douce beauté, avec vue plongeante sur la mer. Il faut se rendre compte que, dans les années 1920, l’urbanisation entourant l’actuelle Platja Gran n’était pas encore sortie de terre. Seules quelques maisons de campagne construites dans la plaine constituaient un premier signe annonciateur du très proche « boum » urbanistique. à la fin de la guerre civile, les promoteurs et les édiles réalisent qu’il faut agir vite si l’on veut rendre l’endroit propice à un tourisme de qualité. Pour commencer, il faut un nom qui évoque le bleu de la mer et la blancheur des plages. Fanals d’Aro est rebaptisée Platja d’Aro en 1962. La mairie quitte le vieux quartier du Fanals d’Amunt pour s’installer à la plage. Certains se souviendront peut-être de cette année 1964, celle qui assit définitivement la réputation romanesque de Platja d’Aro. à cette époque un slogan était sur toutes les lèvres des touristes venus découvrir la région : « L’amour se donne rendez-vous à Platja d’Aro ». Les campagnes de promotion, la mise au goût du jour des anciennes fêtes, comme le carnaval, achèvent d’asseoir la réputation du lieu.En contrebas, collée à Platja d’Aro, S’Agaró crève la rétine et sort du lot… Comme de l’eau. C’est en effet dans la Grande Bleue que ce village tout droit sorti d’un conte de fées a puisé son âme. Les vertus de l’eau de mer ont attiré ici la bourgeoisie catalane dès les années 20. Considéré comme un lotissement-cédille de Platja d’Aro, S’Agaró n’est ni plus ni moins qu’une pépite ! S’Agaró a vu le jour en 1924 en bord de mer et à flanc de falaise. Imaginé à la manière d’une cité-jardin britannique par l’architecte visionnaire Rafael Masó, S’Agaró brille par ses édifices de style « noucentiste » et son hôtel de luxe « La Gavina » par lequel sont passés les plus grandes stars d’Hollywood et où ont été tournés de nombreux films. Le chemin de ronde et son mirador circulaire à huit colonnes est l’un des plus prestigieux de toute la côte. Une promenade de rêve à découvrir absolument.

En souvenir de Marcel Cerdan

Platja d’Aro, Castell d’Aro et S’Agaró font aujourd’hui figure de triangle magique sur lequel plane encore le souvenir du plus grand boxeur français de tous les temps : Marcel Cerdan ! Le « bombardier marocain » fauché en pleine gloire à 33 ans dans un accident d’avion, a en effet donné son nom à l’un des restaurants  emblématiques du Front de mer de Platja d’Aro : le restaurant Marcel Cerdan. Car, le saviez-vous ? Le propriétaire du restaurant n’était autre que Paul Cerdan, le fils du boxeur. Au-delà du souvenir, affiches et couvertures légendaires de magazines ornent les murs de cet établissement qui fêtera bientôt son demi-siècle. Le grand amour d’Edith Piaf laisse à sa manière une touche de « Vie en Rose ». Un coup simple et efficace ! Et une belle esquive qui a permis à Platja d’Aro ne pas tomber dans le piège d’un tourisme de masse ostentatoire. Certes, la ville passe de 12 000 habitants à l’année à plus de 100 000 en saison estivale mais dans ce corps à corps, Platja d’Aro a su contre-attaquer et préserver son esprit de singulière oasis en toute harmonie. Respectueuse de la nature, elle étend langoureusement son chemin de ronde sur une colline trouée de criques étroites et rocheuses. à commencer par la Cala Rovira, proche de la villa romaine de Pla de Palol. Crique de sable granuleux, elle présente un fort dénivelé pour entrer dans l’eau. Entre les falaises rocheuses latérales, de petites niches donnent accès à des bassins parfaits pour baigner les tous petits. En continuant par les escaliers du chemin de ronde, la Cala Sa Cova fait instantanément l’effet waouh ! Petite, à peine 55 m de long, coincée entre les falaises, elle offre ses eaux cristallines au cœur d’une végétation extraordinaire. Des petits tunnels creusés dans la roche mènent ensuite vers la divine Cala del Pi, véritable paradis sous-marin pour les plongeurs avec masque et tuba. N’en jetez plus, y en a encore ! La Cala d’Es Canyers , avec ses galets et ses rochers baignés d’eau turquoise est particulièrement prisée par les naturistes. Enfin, la Cala Belladona, située à deux kilomètres au nord de Platja d’Aro s’illustre par son impressionnant dégradé de bleus. Bordée de pins parasol, cette crique-là est accessible en voiture ou par le chemin de ronde qui débute à Sant Antoni de Calonge. Autant de petits paradis rocheux qui, léchés par le soleil, prennent une teinte rougeoyante qui tranche avec l’ocre d’un sable délicieusement granuleux. Majestueusement tournée vers la mer, Platja d’Aro n’en oublie certainement pas son port et sa superbe marina où flottent yachts et embarcations de luxe. La municipalité vient de lancer un énorme projet de rénovation qui vise à connecter le port et le Passeig Maritim, la formidable promenade en front de mer dessinée entre 1985 et 1994. Il s’agit désormais de créer un trait d’union qui enjambera la rivière Ridaura et de construire une passerelle XXL de 70 m de long à l’architecture de corten, résolument futuriste.

Marina de prestige

Les visiteurs pourront déambuler sur la grande plage, le long de la promenade maritime qui sera également équipée d’un passage en bois amovible au grès des saisons. Du bord de mer en passant par la pinède, les quais et pontons de la marina seront ainsi directement accessibles au public. Un voyage au fil de l’eau qui devrait renforcer la force d’attraction de Platja d’Aro. Soucieuse de son environnement, la station balnéaire a toujours su se réinventer. Elle, qui dès les années 60 faisait battre le cœur des noctambules grâce aux pulsations de l’emblématique discothèque Tiffany’s, pionnière de la modernité durant la dictature franquiste. Chacun se rappelle encore du fabuleux jardin tropical et de la piscine qui ont vu passer de nombreuses stars, y compris Salvador Dalí. Dans le sillage de ce surréalisme du monde de la nuit, le Flamingo, le Paladium, le Pacha ou encore le Maddox ont pris le relais durant les années 70 et 80. Aujourd’hui, les clubbers et fêtards se retrouvent au Paladium, au Papillon, au Malibu, au Zsa Zsa ou encore au BeOut. Comme New York qui ne dort, paraît-il, jamais, Platja d’Aro ne prend jamais ses quartiers d’hiver et même au cœur de la saison touristique, la fête conserve sa dimension humaine. Les lumières se veulent douces ou originales, mais jamais agressives, les résidents et les commerçants conciliants. Tout est fait et conçu pour que le séjour de tous soit parfait. Toujours branchée, active, et dynamique, elle a fait le pari du shopping 365 jours par an. Un cas unique sur la Costa Brava ! Ici sur l’avenue principale, les boutiques familiales ont laissé place aux grandes enseignes du groupe Inditex telles que Zara, Massimo Dutti, Bershka, et Oysho. Mango a également pignon sur rue. Un Barça Store ravira même les amateurs de foot. Dans les contre-allées, les passages et les galeries, de nombreux outlets et petites boutiques de prêt-à-porter complètent une offre aussi surprenante que foisonnante. Platja d’Aro s’est taillé un costume sur-mesure, un monde à part, parfait mariage de nature, culture et shopping.

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