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Les Albères, ça vaut le coup !

29 Mai Les Albères, ça vaut le coup !

Les paysages des Albères appellent deux mouvements, tous deux verticaux. Le premier, la contemplation, inspire peintres et photographes, en quête d’une forme d’éternité. Le second, la conquête, par l’effort, de vallées et de reliefs remarquables.

La montagne se jetant dans la mer, c’est une belle image, un beau slogan d’office du tourisme et un bon catalyseur d’imaginaire, éculé à force d’être utilisé un peu à tort et à travers. Cette alliance paradoxale a par exemple fait la gloire de la Côte d’Azur et de presque tout le tourisme italien. Pourtant, dans les Albères, cette rencontre dépasse le simple cliché et révèle une grande diversité de paysages et d’expériences, entre activités sportives et découvertes culturelles, sur terre comme en mer. L’Albère est une île de pierre aux innombrables sortilèges. à commencer par la mer. Qui dit Albères dit naissance de la Costa Brava même si elle prend un autre nom au nord, frontière oblige, la Côte Vermeille. Après le Racou et jusqu’à Llançà, la mer prend un des plus beaux visages que le monde ait pu lui donner, avec des déchirures intimes, des échancrures vertigineuses, des envolées rocheuses aussi, au milieu des flots.

Un littoral d’exception

Toute une intimité entre le minéral et l’eau, qui est un véritable appel pour les plongeurs tant le monde d’en bas est proche, visible et désirable. Deux réserves marines structurent cet espace : celle de Réserve Naturelle Marine de Cerbère-Banyuls et celle du Cap de Creus. Elles abritent des écosystèmes variés, composés de reliefs sous-marins, de prairies de posidonie et d’une faune diversifiée. Le ballet incessant de poissons multicolores, le spectacle du corail en cours de résurrection après des décennies de prédation incontrôlée, attirent plaisanciers qui plongent depuis le pont de leur bateau, pêcheurs et simples contemplateurs de beauté qui empruntent les sentiers pédagogiques. Cette beauté des fonds s’admire aussi palmes aux pieds, au cours de randonnées palmées qui attirent une foule intergénérationnelle de curieux. Ne vous privez pas non plus des sports de glisse, tous sont à votre disposition tout au long de la côte, qu’il s’agisse de voile, de kite surf, de paddle ou de simple cabotage à bord des bateaux collectifs mis à disposition. Depuis la mer, les reliefs des Albères offrent un point de vue remarquable, entre falaises ocre et sommets parfois enveloppés de nuages. Il va sans dire que chaque plage, chaque crique façonnée par les vagues, offre une occasion privilégiée de profiter de la mer et du soleil, même si beaucoup de ces petits coins de sable ou de rocher où poser sa serviette nécessitent un accès à pied, parfois exigeant. Le terrain de jeu est immense. À cette façade plus sauvage s’ajoute une succession de plages urbaines, plus facilement accessibles, bordées de terrasses de cafés et de restaurants ou, au sud de la frontière, de xiringuitos, ces établissements de bord de mer proposant une restauration simple, les pieds dans l’eau. Des galets au sable grossier, des rochers aux plages plus fines, les Albères offrent une grande diversité de rivages, façonnés par des millénaires d’érosion. La mer y alterne entre calme et agitation, selon les conditions de vent, contribuant à modeler ces paysages contrastés. Au pied des Albères, les activités liées à la mer sont nombreuses et variées, offrant une expérience complète du littoral.

Des sentiers à l’infini, entre crêtes et garrigue

De retour sur le plancher des vaches, ici finalement assez bien nommé, préparez-vous à bouger ! Le long du massif, des routes ombragées serpentent entre les vignes et rejoignent des chemins ouverts aux cyclistes comme aux randonneurs. Plus en altitude, les amateurs de VTT trouvent des parcours exigeants, aux dénivelés marqués. Mais le paradis, le vrai, est promis aux marcheurs, randonneurs, amoureux des larges horizons et des émotions gagnées à la force des mollets. Pour commencer tranquillement, rien ne vaut les sentiers côtiers, aventureux, rafraîchis par les embruns, qui épousent au plus près la ligne des rochers, contournent redoutes et bunkers, se risquent au plus près de l’arête des falaises et descendent vers de petites criques isolées. Ces chemins de ronde, empruntés depuis des siècles pour lutter contre les dangers venus de la mer, et notamment la piraterie, puis utilisés par les douaniers traquant contrebandiers ou déserteurs, sont aujourd’hui des itinéraires de randonnée très fréquentés. Ils se prolongent jusqu’aux abords du Cap de Creus, où le relief devient plus accidenté, marqué par des formations rocheuses abruptes. Ce relief impraticable impose une déambulation dans la garrigue et les drailles de bergers, l’occasion de s’enfoncer dans un monde d’odeurs, de vrombissements d’insectes, d’ocres en camaïeu et d’épineux en armes, en écoutant les coups de boutoir des vagues sur les rochers. Au fil du parcours, la présence de menhirs et de dolmens rappelle l’ancienneté de l’occupation humaine. Vous y goûterez une impression de bout du monde et de Finistère méditerranéen avant de tracer jusqu’à la merveille de Port Lligat, la baie fermée d’îlots qui inspira tant Dalí et Pitxot. Que vous soyez au sud ou au nord de la chaîne, une ascension vous attend forcément. à tout seigneur tout honneur, ne faites surtout pas l’impasse sur le Pic Neulós, point culminant du massif qui domine les forêts de conifères et abrite un relais de télévision. Par temps clair, vous pourrez même entrevoir le reflet doré de la Bonne-Mère au-dessus de Marseille avant de prendre le chemin des crêtes. Parmi les sites emblématiques, la forêt des Couloumates vous surprendra, vous y trouverez même une forêt de hêtres-bonzaïs, nanifiés par le changement climatique.

Nature active : randonnées, sensations et grands espaces

Une halte dans un refuge d’altitude, au cœur des estives, permet d’apprécier le calme de ces paysages et de renouer avec une atmosphère pastorale encore présente. Le GR10 demeure l’itinéraire de référence pour parcourir les crêtes, mais de nombreux sentiers secondaires sillonnent le massif. Ils relient ruisseaux, ruines de mas, chapelles isolées et clairières, jusqu’aux tours de guet ou aux paysages ouverts du col de Banyuls, en traversant également des domaines viticoles proposant de belles zones de pique-nique ou de repos. Dans ce monde minéral aux faux airs austères, l’eau a su trouver son chemin. à côté de la Jonquera, près de la chapelle de Sant Pere del Pla de l’Arca, le Llobregat d’Empordà dessine le Salt del Fitó, une cascade remarquable suivie de gorges encaissées.

Pour les amoureux de vastes espaces

Côté nord, remonter les Gorges de la Massane allie les plaisirs de la marche, de la contemplation, et de la baignade en eau pure tandis que la rivière de Laroque, plus petite, mais tout aussi charmante, serpente joliment en gros bouillons et petites cascades et n’hésite pas à dessiner de jolis canaux qui verdissent la plaine. Ici, même les vallées sont heureuses ! Si tant de possibilités ne suffisent pas à votre bonheur, les balades à cheval, la cueillette de fruits dans les vergers ouverts, l’envol en parapente ou les parcs accrobranches vous attendent. Les amateurs de sensations peuvent également s’orienter vers des activités comme l’escalade, notamment autour du château d’Ultrera, du roc Sant Cristau ou du Puig del Corb. En définitive, le massif des Albères se distingue par une rare complémentarité entre mer et montagne, offrant une diversité d’expériences qui dépasse largement les représentations habituelles du littoral méditerranéen. Entre criques préservées, réserves marines d’exception, sentiers côtiers chargés d’histoire et reliefs propices à la randonnée comme aux activités sportives, le territoire conjugue intensité paysagère et richesse patrimoniale.

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