Jamais sans doute cette fin d’été dorée, dont le soir pressé allonge les ombres à l’infini, n’aura été plus attendue. Après les feux inextinguibles, la végétation blessée et la terre frappée par la violence des pluies méditerranéennes, voici enfin le havre tempéré où les éléments s’adoucissent sans rien abandonner de leur essence : il fait encore chaud, certes, mais les plages ont des douceurs secrètes où le sable ne brûle plus les pieds. La montagne laisse courir ses rus le long des wwwestives encore fleuries, comme autant d’odes à la fraîcheur retrouvée et enfin, bouger redevient un bonheur. La Catalogne est belle lorsqu’elle semble valser, indécise, à cette charnière qu’illustrent août et septembre, enivrée de ses nuits qui s’invitent brusquement, généreuse de ses paysages qui débordent de musiques croisées et de ce camaïeu de mauves et de pourpres que dessinent figues, mûres, prunes et raisins, autant de promesses d’extases papillaires et de vins à venir. Les fêtes battent leur plein, traditionnelles ou religieuses, dans une effervescence trépidante : laquelle laissera, avant l’inéluctable rentrée qui se profile, l’accord le plus inoubliable, les rencontres humaines sur lesquelles le temps, désormais, n’aura plus de prise ? Rassurez-vous, ici, la rentrée s’invite en pente douce, sans renoncement ni point final. Elle laisse à la dorure ambrée de ses lumières le soin de rebattre les cartes du quotidien, à ses soirs tièdes celui de tourner la page vers d’autres couleurs et d’autres ciels.

Wilfrid Renoult