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Un Argelès peut en cacher un autre

30 Mar Un Argelès peut en cacher un autre

« Station balnéaire branchée, de renommée européenne à fort ensoleillement et plages douces ». Bien sûr, Argelès pourrait se reconnaître dans ce raccourci, mais il ne reflète en rien la réalité d’une destination vraiment plurielle. Il y a tant d’Argelès en Argelès…

La station décline en plusieurs espaces ses plages, son vieux village catalan, ses réserves naturelles de mer, de rivière et de montagne, et un patrimoine bâti remarquable. Le vieux village d’Argelès, avec ses ruelles étroites, ses vestiges de remparts et son église à tour crénelée, a toujours été, au fil de l’histoire, une place forte. Son clocher a tour à tour été un beffroi, une tour à signaux ou un donjon, il fait partie des plus hauts du Roussillon.

De multiples espaces

Devant l’église, la place recouvre depuis le XIXe l’ancien cimetière. Les nombreuses maisons en cayrou, l’architecture caractéristique, respirent l’authenticité et l’ancrage dans le passé. On croise les vestiges des anciens remparts, documentés dès le XIIIe siècle. Petits commerces, cinéma, restaurants, rythment les rues, il est clair qu’ici on vit bien, toute l’année, tranquillement desservis, cerise sur le gâteau, par la gare SNCF et la ligne Perpignan-Port Bou ! à quelques kilomètres, s’élève le château de Taxo, probablement érigé sur un site romain. Construit au XIe siècle, il possède un mur d’enceinte à créneau, deux tours d’angle et une cour du XVe siècle, construits en galets de rivière. Il suffit de monter un petit peu dans les Albères pour trouver deux joyaux argelésiens, la chapelle de Saint-Laurent-du-Mont (XIIe) et l’énigmatique Château de Pujol, jouxté d’une magnifique fontaine, la Font d’en Caldara, récemment restaurée. La nature est partout, à commencer par la station balnéaire proprement dite avec sa promenade arborée de 3 km en bord de mer, et son bois de pin de 12 hectares qui offre aux visiteurs une ombre bienvenue.

Quand patrimoine…

Au sud, après la jolie plage du Racou, adossée aux premiers étocs de la côte rocheuse, les criques de l’Ouille et de Porteils ourlent les falaises qui les séparent des vignes, là-haut. Au nord, au contraire, commence le port, creusé à l’embouchure de la Massane, devenu un des atouts majeurs de la station avec ses marinas, ses terrasses ensoleillées, ses jetées gracieuses. En quelques années, Port Argelès est devenu une escale prisée des plaisanciers et des amoureux de la plongée, et a su se doter d’une vraie atmosphère de village, organisée autour de placettes, véritables agoras qui favorisent la convivialité et les échanges. Au nord du port, les plages s’étendent sur sept kilomètres jusqu’à l’embouchure du Tech, incluse dans la réserve naturelle du Mas Larrieu, un espace de toute beauté, ombragé, que la rencontre des eaux douces et salées nimbe d’une fraîcheur bienvenue. Tout autour, la plaine décline ses grands mas voués au maraîchage et à la culture de la vigne. Des voies cyclables permettent aux visiteurs et aux autochtones de privilégier les transports doux et de faire le plein d’air pur et iodé.

…rime avec avenir

Argelès n’a pas son pareil pour étreindre à plein bras le XXIe siècle, avec un parc hôtelier de plein air et classique absolument remarquable, des équipements de dernière génération, et un sens de l’accueil que quarante ans de destin touristique ont développé et affiné. Alliée à ses atouts naturels, cette expérience lui permet de décliner avec bonheur : voies vertes et bleues, tourisme culturel et tourisme vert. La station a tout ce qu’il faut pour que vous puissiez pratiquer dans les meilleures conditions, le sport de votre choix, et l’offre ne se limite pas aux sports nautiques, loin de là. Globale, elle fait une place toute particulière aux familles avec des propositions de parcs d’aventure qui séduiront les plus jeunes.

Comprendre le passé

Si vous êtes de ceux qui aiment comprendre le passé, Argelès s’est doté d’un centre d’interprétation de l’Albère, une sorte d’éco-musée qui rend hommage à la vie des paysans pêcheurs d’ici, il n’y a pas si longtemps, entre pastoralisme, travail du bois, pêche et viticulture. Et si vous appréciez les grands rendez-vous de l’histoire, le Centre d’Interprétation de l’Exil et de la Retirada vous parlera d’un temps où les plages blondes si douces, accueillaient dans la tramontane glacée de février 1939, les exilés républicains fuyant les exactions franquistes. Pourtant, dans cette période noire, le camp d’Argelès eut ses peintres, ses écrivains et ses poètes… Comme si le malheur ne parvenait pas vraiment à pousser à l’ombre tutélaire des Albères.

Balnéaire, bien-sûr

Et bien sûr, au-dessus d’Argelès, au-dessus du port, des plages et du village, règne la masse sombre des Albères, sauvages, indomptées, riches de drailles et de sentiers, qui donnent à la station mille longueurs d’avance sur ses consœurs enkystées dans les ors finissants de l’héliotropisme et lui font relever tous les défis avec le panache tranquille de ceux qui savent qu’ils ont en main tous les atouts.

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