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Vilanova i la Geltrú : Simplement douée pour la vie

01 Juin Vilanova i la Geltrú : Simplement douée pour la vie

Vous rêvez d’allier inattendu, activité trépidante, paysages sublimes et douceur de vivre. On a ce qu’’l vous faut : Vilanova i la Geltrú.
La jolie station balnéaire du Garraf, un peu écrasée par la dimension médiatique de Sitges, a pourtant beaucoup à offrir à ceux qui aiment ce mélange de réussite et de nonchalance, de travail et de sens de la vie qui caractérise l’âme catalane. Parce qu’il faut savoir être fou pour se dire sage, Vilanova i la Geltrú a du charme à revendre.

Deux divorces et un mariage

Vilanova i la Geltrú ! Le nom ne manque pas, d’emblée, d’interpeller, d’autant que la ville se présente d’un seul tenant : sagement couchée sur la colline, elle tend vers la haute mer de vastes plages blondes ourlées de promenades maritimes sans fin. Le mystère est prometteur et l’histoire croustillante. Jugez plutôt : au cœur du Moyen-Age régnait sur La Geltrú un hobereau peu délicat qui exerçait sur les jeunes mariées de son fief, un droit de cuissage systématique. De jeunes couples rebelles décidèrent donc de franchir le torrent de la Pastera pour gagner le domaine voisin, celui du seigneur de Cubelles. Ce dernier accepta de leur laisser construire des cabanes en bord de mer. Ainsi naquit Vilanova. Et comme dit la pub, ce n’est pas fini ! En 1611, la nouvelle localité décida de se séparer de Cubelles, avant de reconvoler en justes noces avec La Geltrú en 1647…

Vilanova2Belle revanche

Entre-temps, la belle avait bien changé ! Tandis que la Geltrú, encore enserrée dans ses remparts regardait passer les bateaux de l’histoire, la success-story de Vilanova battait son plein : en 1272, elle obtenait du roi une charte de ville, aussitôt suivie de l’autorisation de commercer en mer et de celle d’organiser des foires. Le hameau de pauvres cabanes construit par de pauvres proscrits était devenu le cinquième port marchand de Catalogne ! Mais, c’est au XIXe siècle que ce joli village côtier a rendez-vous avec son destin. Il est en effet le point de départ de nombre de fils du pays vers les Amériques et notamment Cuba, lors de la crise viticole liée au phylloxera qui ruine l’économie locale.

La Havana Xica

Et donc, le point de retour de ces « Indians », revenus chargés d’or et d’argent. Demeures patriciennes, fabriques, vaisseaux, équipements culturels, rien n’est trop beau pour le pays natal et l’argent gagné outre-mer est réinvesti dans le développement de la ville. Celle-ci devient un centre industriel de premier plan, puis un nœud ferroviaire. Son architecture noucentiste, puis moderniste, toujours frappée d’un sceau colonial, lui vaut le surnom de Havana Xica. Aujourd’hui, Vilanova i la Geltrú n’a pas le rayonnement international très branché de sa voisine, Sitges. Et pourtant, elle n’a rien à lui envier. La ville n’avance pas toutes voiles dehors, elle ne se farde pas la nuit venue, mais sa beauté profonde se dévoile dans toute sa noblesse pour peu que l’on se donne la peine de la chercher.

Vilanova3Le chic de l’architecture

Pour se laisser porter par l’ambiance, il faut commencer par le vieux village de La Geltrú, où subsistent quelques restes de remparts et le château qui abrite les archives de la comarca du Garraf. Dans l’église, ne ratez pas le très beau retable de l’Assomption. Lorsque vous longerez le carrer de l’Unió, vous serez juste au-dessus du fameux torrent de la Pastera. Les placettes se succèdent, ornées de statues et de fontaines, mais c’est l’architecture qui emporte l’adhésion : partout de nobles façades signent la splendeur passée : maison des marquis de Samà, maison néoclassique de can Papiol (devenue musée du romantisme), maisons « noucentistes » comme la Casa Milà, Cal Junqué. La place de la mairie est l’une des plus grandes places à arcades de Catalogne. Et bien sûr, deux merveilles modernistes à ne pas rater : la Casa Renard et Can Pahissa.

La route de mer

Pour descendre vers la mer, les plus longues rambles de Catalogne vous attendent, plantées comme il se doit de platanes centenaires, joliment pavées, et surtout, bordées de dizaines de boutiques et de terrasses. Les vieilles maisons du terroir cohabitent avec les enseignes franchisées, pour le plus grand plaisir de la foule qui se presse, chargée et bourdonnante. On se pose pour lire ou papoter en terrasse. Les gens s’interpellent. Les chalands se font happer par des connaissances attablées. On sent que la vie de la ville est là, sur cette immense avenue qui débouche sur la promenade maritime.

Vilanova4Pêche, plaisance et baignade

L’enchantement continue face à la mer. Les plages sont là, en pleine ville. En remontant un peu vers le sud on arrive au port de plaisance. Vilanova i la Geltrú est une vraie station de nautisme, discrète et suréquipée. Mais son âme est ailleurs, dans ces petits chalutiers ventrus qui rentrent le soir venu et vident leurs entrailles argentées et frétillantes sur la chaleur des quais, plus au nord. La ville a su rester un port de pêche performant et authentique ! Pour que le tiercé soit complet – et gagnant -, ce port de pêche et de plaisance a su devenir une station balnéaire prisée pour la beauté de ses plages urbaines et pour son offre particulièrement riche en matière d’activités sportives : kayak, plongée, kitesurf, ski nautique etc.

Concitoyens illustres

Descendre la promenade maritime vers le sud, c’est longer la plage de Sant Gervasi, puis celle de Ribes Roges , jusqu’à celle d’Adàrro, à deux pas de l’ancien village ibère. La Tour Bleue, ancienne tour de garde, a été transformée en hommage à la mer par l’artiste Josep Guinovart. Car cette ville est un véritable théâtre d’ombres, plus célèbres les unes que les autres : le président de la Generalitat Francesc Macià, qui rata de peu l’indépendance de la Catalogne – et dont la statue sculptée par Subirachs orne une place -, l’immense musicien Eduard Toldrà, le grand historien d’art spécialiste du baroque Eugeni d’Ors, l’écrivain et journaliste Pi de Cabanyes, tous sont natifs d’ici. Et pour ce qui est de la lumière, il y a même celle des sunlights avec le bien vivant Sergi Lopez, et la rondeur solaire de l’animateur et gastronome Pere Tapias !

L’amour des arts

Côté culture, Vilanova i la Geltrú a de quoi tenir la dragée haute à beaucoup. Elle a eu le génie de traduire son histoire en équipements culturels. Le musée du rail, installé dans un ancien dépôt de locomotives est le plus grand d’Europe : rien que ça ! La bibliothèque du Musée Victor Balaguer abrite des œuvres baroques espagnoles, un fonds de peintres catalans du XIXe, une collection égyptienne et même une momie ! La maison familiale des Cabanyes, avec sa façade rose digne d’une demeure de l’aristocratie paysanne toscane, a vu naître une lignée d’écrivains et d’artistes catalans. Elle vous proposera des clés de lecture de l’époque romantique. Vilanova i la Geltrú possède aussi un théâtre et une salle d’art contemporain, pour ne pas parler de ses nombreuses galeries d’art… Tout d’une grande.

Le commerce dans le sang

Loin de s’endormir sous ses vénérables tamariniers et les mannes respectées de ses illustres citoyens, la ville déborde d’idées et surfe sur son passé pour cingler vers un avenir qu’elle entend maîtriser. Les 6 et 7 juin, elle organise la troisième édition d’Expomar, un salon destiné à mettre en valeur ses atouts nautiques et maritimes. La manifestation occupe cinq espaces distincts dans la ville et balaye tout le spectre économique de la mer : pêche, activités portuaires, gastronomie, culture de la mer, nouvelles technologies, tourisme, rien n’est laissé au hasard.

Aimer la vie

Et comme elle a toujours vécu bercée par les vagues, un œil vers la Caraïbe, un pied dans les havaneres, la voici qui invite le reggae pendant deux jours les 17 et 18 juillet ! Tous les mardis et mercredis, les jeunes musiciens locaux sont appelés à animer les « xiringuitos » des plages pour embraser les nuits d’été. Et bien sûr, du 25 juillet au 6 août, c’est la Festa Major avec son lot de réjouissances traditionnelles : correfocs, gegants, sardanes… Enracinement et haute mer, toujours.

Vous l’aurez compris, impossible de s’ennuyer une seconde dans Vilanova i la Geltrú, moins tapageuse que sa voisine Sitges, jalouse de ses savoir-faire et de sa prospérité et terriblement douée pour s’adapter aux changements et répondre aux défis de demain. Que vous soyez un amoureux du patrimoine et de la culture, un sportif résolu, ou simplement un curieux de nature en quête de douceur de vivre, Vilanova i la Geltrú est précisément ce que vous attendiez. Et bien plus encore.

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